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Panic et non panique dans le Témiscouata

Steven Guilbeault
Publié le Novembre 10 2009
Publié le Avril 15 2010
Steven Guilbeault
Sujets :
Coopérative du Haut Plant Vert de Lac des Aigles , Témiscouata , Québec

En effet, il n’y a pas de panique à la Coopérative du Haut Plant Vert de Lac des Aigles dans le Témiscouta, mais une bonne dose d’enthousiasme. C’est que la coopérative souhaite construire une usine pour transformer le panic érigé en granules combustibles. Le projet est évalué à 3 millions de dollars et pourrait créer une quinzaine d'emplois. Depuis quelques années déjà, les producteurs agricoles du Témiscouata cultivent avec succès du panic érigé (Panicum virgatum L.) sur leurs terres en friche. Le panic érigé est une graminée vivace à haute teneur énergétique qui pousse bien dans nos régions. Son potentiel énergétique est vraiment très intéressant. Utilisées dans les érablières pour chauffer les évaporateurs qui transforment l’eau d’érable en sirop, les granules de panic érigé coûteraient 40 % moins cher que le mazout. Quand on pense que le Témiscouta compte à peu près 120 entreprises acéricoles qui exploitent en moyenne 35 000 à 40 000 entailles, on voit tout l’intérêt de la chose pour la région. Comme on dit, c’est gagnant, gagnant! Pour le panic, l’affaire ne s’arrête pas là. Le physicien Pierre Langlois, auteur de l’ouvrage : ROULER SANS PÉTROLE, estime que le meilleur candidat pour combattre les GES, c’est le diesel synthétique fait à partir de panic érigé. M. Langlois fait la comparaison avec l’éthanol maïs qui consomme plus d’énergie pour sa fabrication qu’il n’en fournit lors de sa combustion. Lorsque transformé par fermentation en carburant liquide, ‘notre panic’, au contraire du maïs, produit beaucoup plus d’énergie qu’il n’en exige pour sa culture, sa récolte et sa transformation. Voilà qui pourrait intéresser le Québec tout entier dans sa bataille pour réduire sa dépendance au pétrole. Étant donné que le pétrole consommé ici est importé, c’est environ 13 milliards $ que nous « exportons » à l’extérieur du Québec afin d’encourager l’économie et la création d’emplois à l’extérieur de nos frontières. La production en région du panic érigé à des fins énergétiques est un bon exemple de ce qu’on appelle la production distribuée, c’est-à-dire une production d’énergie qui met à profit des ressources énergétiques propres, efficaces et décentralisées. Steven Guilbeault

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