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Coupes à blanc : Richard Desjardins avait raison

Steven Guilbeault
Publié le Septembre 1 2009
Publié le Avril 15 2010
Steven Guilbeault
Sujets :
Frontenac , Journal de Montréal , Commission Coulombe , Québec

Ce n’est pas moi qui le dis; c’est Frank Dottori lui-même, ex PDG de la forestière Tembec à l’occasion d’une entrevue exclusive accordée à un journaliste de Rue Frontenac, le quotidien des grévistes du Journal de Montréal. On se souviendra qu’il y a dix ans, Richard Desjardins et Robert Monderie, sortaient le film l’Erreur Boréale. Ce film qui dénonçait le massacre de la forêt boréale par les grandes papetières avec la complicité des gouvernements a eu l’effet d’une bombe. De par le débat public enflammé qui s’en est suivi, on peut considérer que l’Erreur Boréale est un des principaux responsables de la mise sur pied de la Commission Coulombe. Au terme de son mandat, celle-ci devait conclure que la forêt québécoise était exploitée au-delà de ses capacités de régénération; elle a recommandé que les coupes soient réduites de 20%, ce qui fut fait par le gouvernement libéral de Jean Charest. Au cours de l’entrevue, M. Dotttori confirme que, selon lui, les forestières ont bel et bien surexploité la forêt en pratiquant les coupes à blanc; selon lui toujours, les coupes à blanc auraient fait des torts énormes à la forêt ainsi qu’aux très nombreux villages qui en dépendent. Contrairement à ce qu’a toujours prétendu l’industrie suite à la sortie du film, M. Dottori est d’avis que ce n’est pas le film qui a fait mal à l’industrie, qui a provoqué la fermeture des villages. Ce seraient plutôt les pratiques de l’industrie elle-même qui auraient provoqué sa propre perte. M. Dottori affirme que, bien avant la sortie de l’Erreur Boréale, il y avait un « problème fondamental ». Il ajoute par contre que l’industrie forestière ne doit pas porter seule le chapeau de cette déconfiture; le gouvernement du Québec n’a pas encadré correctement les pratiques forestières de l’industrie. Même si M. Dottori ne s’exprime pas dans ces termes, ce que je comprends de ses propos, c’est qu’avec ses pratiques destructrices de la forêt, l’industrie se tirait elle-même dans le pied. Desjardins n’a jamais lâché, ne lâchera probablement jamais. Aujourd’hui, il milite toujours pour la protection de la forêt boréale; cette fois au sein de l’Association Boréale Abitibi Témiscamingue (ABAT). Messieurs Dottori et Desjardins, merci pour votre franchise ainsi que votre courage! Steven Guilbeault

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