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Notre territoire agricole est-il défendu adéquatement?

Steven Guilbeault
Publié le Juin 9 2009
Publié le Avril 15 2010
Steven Guilbeault
Sujets :
Commission de protection du territoire agricole du Québec , Comité environnemental de Dunham , Parcs , Rive-Sud de Montréal , Québec , Alberta

La semaine dernière, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), a recommandé la construction d'une station de pompage à Dunham pour permettre le transport de pétrole en provenance des gisements de sables bitumineux de l'Alberta. Le pipeline transiterait par Montréal, pour aboutir à Portland, Maine. Guy Durand, du Comité environnemental de Dunham, rappelle que le projet prévoit de pomper le pétrole au-dessus des monts Sutton. Pour le faire, on aura besoin d’une pompe très puissante. Équiterre n’a pas été long à dénoncer cette décision et l’organisation est d’avis que ce projet représente une menace inacceptable pour l’environnement en raison des risques de déversements accidentels. Au-delà de ce dossier précis, la CPTAQ ne peut se soustraire à son mandat de protéger une terre agricole localisée dans un des terroirs les plus distincts du Québec. En effet, Dunham, c’est la porte d’entrée de la « route de vins» en Estrie. La CPTAQ est un organisme qui rend des décisions; cependant la Loi prévoit que le gouvernement peut renverser celles-ci. Ce fut le cas pour le projet Rabaska de terminal méthanier (gaz naturel) de Lévis. La CPTAQ décidait de ne pas autoriser le projet; cependant le gouvernement a renversé la décision de la Commission pour que Rabaska aille de l’avant. Même scénario pour l’Autoroute 30 sur la Rive-Sud de Montréal. La CPTAQ a décidé de ne pas autoriser le tracé en milieu agricole; encore là, sa décision fut renversée par les autorités gouvernementales. Y aurait-il au gouvernement (toute orientation politique confondue) un préjugé défavorable au territoire agricole? Quoiqu’il en soit, le projet de construction d'une station de pompage à Dunham doit maintenant obtenir l’autorisation du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Il est important, voir même impératif, que le gouvernement du Québec renverse la décision de la CPTAQ. Il refuserait ainsi de faire du Québec une terre d’accueil du «pétrole le plus sale au monde». Vous pensez que j’exagère? Voyez plutôt par vous-même : uniquement pour l’année 2007, le bilan des émissions canadiennes de gaz à effet de serre rapporte une hausse de 52 % des émissions en provenance des sables bitumineux! Steven Guilbeault

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