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Jeux Olympiques: désastre linguistique

Jeux Olympiques: désastre linguistique

Jeux Olympiques: désastre linguistique

Richard Cléroux
Publié le Février 17 2010
Publié le Avril 15 2010
Richard Cléroux

John Furlong, le grand responsable du désastre linguistique des Jeux Olympiques, ne se vante plus qu'il est bilingue -- en anglais et en celtique.

Sujets :
Commissaire aux langues officielles , Chambre des communes , Canada , Jeux , Vancouver

Le Canada est outré, blessé et divisé. Comme à l'époque de la crise des «Gens de l'air.»

Quand Gilles Duceppe et Denis Coderre disent la même chose sur la pitoyable et impardonnable absence du français et le Commissaire aux langues officielles Graham Fraser va dans le même sens…cela en dit long !

Mais plus grave encore que l’affront à culture française d'Amérique, est que ni Furlong, ni son équipe ne semblent comprendre ce qu’ils ont fait de mal. « Après tout, il y avait des sous-titres français sur le grand écran dans le stade. » Quoi d’autre voulez-vous?

Furlong a dit: « It’s no big deal. » (Ce n’est pas une grosse affaire!)

Reste à voir si face à la colère d’un peuple entier, Furlong peut comprendre à ce stage qu’il doit au moins essayer de sauver les meubles linguistiques en temps pour la cérémonie de clôture le 28 février.

Le Commissaire aux langues officielles Fraser, flegmatique comme toujours, a déjà ouvert une enquête en règle. Ça ne sera pas doux pour Furlong.

Le Canada anglais commence tout juste à comprendre combien que le Canada français est en colère.

Le jeune ministre du Patrimoine, James Moore, fier fils de l'immersion franco-colombienne, responsable du bilinguisme aux Jeux, en subira les conséquences lors que la Chambre des communes reprendra ses travaux le mois prochain.

C'est malheureux pour Moore, lui qui travaillait depuis un an à convaincre Furlong et ses acolytes de Vancouver que c'était essentiel de respecter les deux langues. Surtout quand il y avait 20 millions de Canadiens et 3,2 milliards de personnes à l’échelle du monde qui regardent l'ouverture à la télévision et se font une idée de ce qu’est le Canada.

En réalité Moore n’avait pas à convaincre Furlong. La loi est claire : le Canada est un pays officiellement bilingue et doit être représenté ainsi. Point à la ligne. Cela ne tient pas à la volonté de l’un ni de l’autre. Cela n’a rien à voir avec si Vancouver a beaucoup de francophones ou non. C’est la loi, la réalité juridique qui prime, pas combien de personnes parlent une langue ou l’autre dans un certain coin du pays.

On aurait dû s’en douter. On aurait dû voir venir Furlong et ses farces plates.Les premiers signes : lors de l'arrivée de la flamme olympique à Moncton. Pas de français ! On a promis que ça changerait. Ce fut la même chose à Ottawa. La flamme seulement en anglais. « "Désolé " a dit le maire unilingue d'Ottawa, Larry O'Brien. " Désolé " a dit Moore espérant timidement qu’il y aurait une amélioration. " Désolé " a dit Furlong. « Désolé »

Le seul mot français qu'ils semblaient connaître.

Comme les affiches « DÉSOLÉ » sur les autobus qui ne roulent pas !

Lors du spectacle du compte à rebours à Vancouver il y un an pas un seul artiste francophone était au programme. Pas même Garou. Furlong a promis à tous que cela changerait à temps pour l’ouverture.

Rien n'a changé. Mensonge? Fausse promesse? Oublie? On dit que les organisateurs ont approché sans succès Gilles Vigneault pour utiliser "Mon Pays." Céline Dion ne pouvait participerà cause de sa grossesse.

Les organisateurs des Jeux ont eu le culot d’exiger 10 millions $ pour «bilinguiser les Jeux» et à la dernière minute un autre 7,5 millions $ pour la traduction.

Moore a donné l’argent. Il aurait dû insister. Il ne l'a pas fait, à son détriment. En tout le grand party a coûté un milliard au fédéral.

Maintenant, c’est au tour à Stephen Harper de dire à Moore: « désolé, mon James » en ajoutant possiblement un « bye-bye! » Cela se comprend bien dans les deux langues. Mais cela serait admettre une erreur. Harper n'admet jamais ses erreurs. Donc Moore restera en poste.

C'est un autre conservateur, un de qui on parle déjà comme futur chef conservateur, un certain Graham Fox, qui a résumé parfaitement la situation : «Imaginez si 95 % des cérémonies d'ouverture s’étaient déroulées seulement en français à Montréal en 1976!»

On peut s'imaginer ce qu'on aurait dit.

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