Il ne sait pas se battre, ni attaquer, ni se moquer, ni irriter. C’est un minou lors que les circonstances exigent un chien de basse-cour.
Depuis un an, Ignatieff n’a pas changé : il est toujours intelligent, raffiné et savant. Ce qu'il faut aux libéraux, c'est un gars capable d’en donner une bonne à ses adversaires.
Denis Coderre avait raison, en dépit de tout son arrogance.
Tout indique que la fin approche pour Ignatieff. Les députés libéraux se réunissent sans lui, en petits groupes pour décider entre eux de ce qu'ils peuvent faire pour appuyer Ignatieff ou s'en débarrasser.
Le dernier sondage EKOS n'est pas encourageant pour Ignatieff. À cause du scandale des prisonniers torturés en Afghanistan, la popularité de Harper a chuté. Une baisse dans les intentions de vote de 40% à 35% dans un mois. C’est ça que cacher la vérité sur la torture en Afghanistan lui a mérité. Bye-bye majorité.
Mais les appuis perdus de Harper ne sont pas allés à Ignatieff comme on aurait pu le croire. Harper descend, mais Ignatieff ne monte pas, toujours figé à 25 %. Les votes des conservateurs s’envolent vers le NPD, le Bloc Québécois, le Verts. Bref à n'importe qui, sauf à Ignatieff.
Certains députés libéraux, dont quelques-uns qui ont orchestré le départ de Stéphane Dion l'hiver dernier, commencent à parler du prochain messie. Pas avant Noël, mais sûrement avant les prochaines élections. On ne prononce pas le mot putsch pour le moment, mais …
Certains libéraux rêvent du jeune Trudeau (38 ans le 25 décembre). Mais de façon réaliste, Justin Trudeau est encore à quelques années du trône.
Et entre temps on aide à Ignatieff. On lui offre des béquilles et des cataplasmes.
C'est maintenant le leader parlementaire Ralph Goodale qui prépare les questions des libéraux en Chambre. Ignatieff lit ce qu'on lui donne. Jusqu’à maintenant le résultat n’est pas convaincant.
C'est Bob Rae qui est la vedette montante des cercles d’initiés libéraux. Jour après jour, à la période des questions, Rae joue du scalpel avec le malheureux MacKay comme un chirurgien devant un cancer pernicieux.
Certains députés libéraux voudraient imposer Bob Rae comme leader adjoint du Parti, un poste qui n'existe pas présentement. Ignatieff n’en a jamais voulu, de peur que cette personne se tourne un jour contre lui.
Reste à voir si Rae continuera toujours à agir en bon soldat fidèle. Ou cédera-t-il aux pressions de faire à Ignatieff ce qu’Ignatieff à fait à Dion?
C’est parfois cruel, la politique.
Le règne de Michael Ignatieff tire à sa fin
Ça va mal pour Monsieur le Comte. Ça ne marche pas son affaire. Ni en chambre, ni à la télévision.
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