Pas question de changer de politique, ni de leader, simplement changer de nom. Comme une femme qui décide après 25 ans de mariage de changer son nom sans changer de mari.
Les « changeurs » ont dû penser : « commençons par le nom, puis ensuite, tout suivra. » Il y a un problème lorsqu’on change de nom. L’acronyme peut nous faire trébucher.
Une fois Stephen Harper et Preston Manning, sans réfléchir, ont tenté de réunir dans un mariage maudit les partis de la Reforme et de l’Alliance sous la bannière du Canadian Reform-Alliance Party.
L’issue de l’union a produit l’acronyme CRAP (qui veut dire « merde » en anglais. Qui aurait voulu se joindre à un parti de merde?
Autre exemple du genre, lors des Olympiques de 1976 à Montréal, les organisateurs ont désigné leur organisation " le Comité Organisateur des Jeux Olympiques " ou le " COJO. " En espagnol, la troisième langue des Olympiques, COJO veut dire un " boiteux" une affliction qui s'appliquait bien au comité organisateur.
La situation aurait pu être pire si le Comité avait choisi de s'appeler le " COJONES " qui se passe de traduction.
L'idée de changer le nom du Nouveau Parti Démocratique est venue d'un député NPD bilingue de Windsor, en Ontario, Brian Massé, leader d'un groupe de jeunes députés qui croient qu'après 48 ans " nouveau " commence pas mal à faire un peu " vieillot. "
Il y a une autre raison. Mais les Néo-démocrates ne l'avoueront jamais publiquement. Changer le nom à " Parti Démocratique " est une façon de se rapprocher du parti des « Democrats » de Barack Obama, ce politicien américain qui est plus populaire au Canada Stephen Harper, Michael Ignatieff, Jack Layton ou Gilles Duceppe.
Au congrès NPD de Halifax, Betsy Myers, chef de la campagne « Obama for America » et Marshall Ganz, le grand organisateur de coulisses des « Democrats » américains étaient les invités d’honneur.
Pas le grand chef Barack Obama lui-même, mais au moins deux de ses zouaves.
Tout le monde veut Obama. Même Harper, un « fan » des « Republicans » ne rate jamais une occasion de se faire photographier avec Obama - à Guadalajara il y a deux semaines, et surveiller bien, à Pittsburgh dans cinq semaines.
Mais revenons au problème de l'acronyme. En biffant le mot " New " de « New Democratic Party » il leurs aurait resté l’acronyme péjoratif " DP" qui signifie Displaced Person " désignant un réfugié de guerre.
En français le problème est pire. En biffant le " Nouveau " du nom, ça devient " PD." Qui veut faire partie d’une formation de PD.
Avant 1961 le Nouveau Parti Démocratique s’appelait le « Canadian Commonwealth Federation » ou CCF, un nom qui ne voulait rien dire en français.
Pire encore, l'acronyme " CCF " était proche du " CCCP " - ces méchants communistes russes de l'époque qui nous battaient toujours au hockey. Plus question pour des sociaux-démocrates de passer pour des communistes.
En 1961 il y avait une bonne raison de changer de nom. Cette fois-ci, il n’en avait pas.
Au NPD : On ne change pas de nom
Lors de son congrès de fin de semaine, le NPD a songé sérieusement à changer de nom.
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