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Ville-Marie: un premier conseil houleux

La Place des festivals sera animée pour la période des Fêtes.
(Photo: Éric Carrière)

La Place des festivals sera animée pour la période des Fêtes. (Photo: Éric Carrière)

Publié le Décembre 10 2009
Publié le Juillet 7 2010

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a tenu le 24 novembre son premier conseil d’arrondissement en tant que maire de Ville-Marie.

Sujets :
Ville de Montréal , Arrondissement Ville-Marie , Montréal , Vieux-Montréal

« La gouvernance de Ville-Marie a été modifiée en juin 2008 dans le cadre de la loi 22. Il est maintenant de ma responsabilité en tant que maire de Montréal de diriger l’arrondissement Ville-Marie, de même que les travaux du conseil de l’arrondissement », a-t-il annoncé dans son mot d’ouverture.

Cette décision, loin de faire l’approbation du public présent au conseil, a été largement critiquée lors de la période de questions. L’un des intervenants a affirmé que cette loi fait des résidents de Ville-Marie des citoyens de seconde zone, en les empêchant d’avoir leur propre maire. Il a rappelé à M. Tremblay qu’il ne pouvait être partout, et que cette double fonction pouvait le contraindre à manquer des événements importants pour l’arrondissement.

Le maire a insisté sur le fait que ses préoccupations sont pour l’arrondissement Ville-Marie et sur la force de son « équipe déterminée à faire bouger les choses. Notre métropole est forte et prospère et doit compter sur un centre-ville compétitif, et surtout, attractif. » Il a ajouté qu’une réflexion sera également tenue sur l’indice alarmant de pauvreté de Ville-Marie.

Deux nouveaux conseillers

Gérald Tremblay a profité de cette première séance du conseil d’arrondissement pour nommer les deux conseillers qui siégeront à ses côtés, Jocelyn Ann Campbell et Richard Deschamps.

« Tous les deux possèdent les compétences et la détermination nécessaires pour voir à l’essor du centre-ville de Montréal, tout en laissant une place prépondérante aux préoccupations locales. »

Le maire a tenu à souligner l’engagement communautaire de longue date de Mme Campbell dans l’arrondissement Ville-Marie et sa vaste connaissance du milieu, au bénéfice des citoyens.

Ces nominations ont suscité plusieurs réactions au sein de la foule. Les deux nouveaux conseillers ont entre autres été traités « d’immigrants » puisqu’ils siègent dans d’autres arrondissements.

Parmi les projets approuvés lors de ce premier conseil, mentionnons l’animation de Noël à la Place des festivals, qui se tiendra jusqu’au 6 janvier 2010. Plusieurs budgets ont également été approuvés, dont ceux des Sociétés de développement commercial Destination Centre-ville et Vieux-Montréal.

Nominations de Gérald Tremblay

Jocelyn Ann Campbell : conseillère de ville du district de Saint-Sulpice, arrondissement Ahuntsic-Cartierville

Richard Deschamps : conseiller de ville du district du Sault-Saint-Louis, arrondissement Lasalle, et responsable du développement économique, des infrastructures et de la voirie au comité exécutif de la Ville de Montréal.

André Lavallée: l'ex-maire de Rosemont-La-Petite-Patrie a été nommé à la tête du cabinet du maire de Ville-Marie… Gérald Tremblay. Laila Maalouf

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    André Querry
    - 7 Juillet 2010 à 15:07:53

    Le 1er novembre 2009, des élections générales avaient lieu dans les différentes municipalités du Québec. L'ensemble des citoyens et des citoyennes du Québec avait la possibilité et le droit d'élire les personnes qui dirigent leur municipalité, leur maire, leur conseiller de ville ou d'arrondissement. Tous les citoyens du Québec avaient le droit d'élire l'ensemble de leurs représentants, sauf les résidents de l'arrondissement Ville-Marie de Montréal. Les citoyens du Centre-ville de Montréal n'avaient le droit d'élire que la moitié des dirigeants de leurs arrondissements, soit trois conseillers municipaux. Le choix de leur maire d'arrondissement était remis à l'ensemble des électeurs de Montréal et les deux autres conseillers au choix d'une seule personne : le maire de Montréal. Le droit de vote, de droit d'élire ses représentants a été durement acquis au cours des siècles et est encore à acquérir sur une bonne partie de la planète. Ce droit démocratique est protégé par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et par la Chartre canadienne des droits et libertés. Dans la situation actuelle, les électeurs de Ville-Marie auraient beau voter à 100 % pour un même parti, ils se retrouveraient quand même administrés par le choix des autres Montréalais. Je pense que vous pouvez convenir avec moi que cette tutelle n'est pas un incitatif à aller voter puisque les citoyens de Ville-Marie savent que leurs choix ne font pas le poids dans la balance électorale. Un des principes de la démocratie est que les élus sont redevables devant leurs électeurs et que, parmi ces vieux principes, se retrouve celui qui a mené à la Révolution américaine de 1776 : « pas de taxations sans représentation » (no taxation without representation). Pour la Cour Suprême du Canada, qui a rendu des jugements sur la question de la taxation, la situation est claire : « Le principe "Pas de taxation sans représentation" est au cour même de notre conception de la démocratie et de la primauté du droit. » Les taxes et les lois doivent être adoptées par le parlement ou toutes autres législatures élues par le peuple. Un jugement, rendu à Québec le 1er mai 2007, applique la règle de « pas de taxation sans représentation » dans une cause opposant une association d'une rue privée de la ville de Québec et des propriétaires de terrains vacants de la rue. Dans le cadre des règlements de l'association, les propriétaires de terrains vacants n'avaient droit qu'à un vote alors que les propriétaires avec une résidence avaient droit à deux votes. Par contre, l'entretien de la rue était facturé à tous. Dans son jugement, l'honorable juge précise : [14] En se voyant demander une cotisation égalitaire alors qu'ils n'ont qu'un demi-droit de vote au sein de la demanderesse, les défendeurs ne profitent pas pleinement de la norme démocratique et juridique centenaire qu'il ne peut pas y avoir d'imposition fiscale sans droit de vote (no taxation without representation). [15] Il n'est donc que justice que là où la demanderesse permet un demi-vote elle ne récolte qu'une demi-portion! Comme les citoyens de Ville-Marie n'ont le droit d'élire que la moitié des membres du conseil d'arrondissement, il serait normal qu'ils ne paient que la moitié des taxes ! En plus de la question purement démocratique du droit d'élire ses représentants, la question du double mandat pose aussi une question fondamentale : comment une personne peut-elle représenter adéquatement deux comtés ou quartiers sans être en conflit d'intérêt réel ou apparent? Il y a long temps que le gouvernement du Québec (1874) a interdit la possibilité d'être élu député dans deux comtés. La Loi sur l'Assemblée nationale du Québec interdit aussi la possibilité d'être député et conseiller municipal. Par exemple, lorsque Michel Bissonnette a été élu maire de Saint-Léonard, il a du démissionner de son poste de député le jour de l'élection. La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, L.R.Q. c. E-2.2 qui spécifie très bien que le double mandat est interdit au niveau municipal : 67. Est inéligible à un poste de membre du conseil de la municipalité toute personne qui occupe un poste de membre du conseil d'une autre municipalité, qui est candidate à un tel poste ou qui y a été proclamée élue depuis 30 jours ou moins. Est également inéligible à un poste de membre du conseil de la municipalité toute personne qui occupe un autre poste au sein de ce conseil, sauf dans le cas d'une élection lors de laquelle le poste qu'elle occupe est ouvert aux candidatures ou cesse d'exister. Il est assez ironique de voir que le site web de l'arrondissement Ville-Marie nous présente les six membres qui forment actuellement le conseil d'arrondissement comme étant « vos élus ». Il y a un problème majeur lorsque la majorité des citoyens de la Ville de Montréal considère qu'il y a un déficit démocratique dans l'arrondissement Ville-Marie.

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