Bien avant qu'on expulse les junkies des piqueries pour les remplacer par des 450 dans des condos, les gens qui y habitaient ont toujours eu d'autres options que de se tenir au Astral 2000 pour boire une "tite frette". Pour une soirée strass et paillettes incluant bonne bouffe, vino, musée et théâtre, même pas besoin de prendre l'autobus ou un Bixi si vous êtes du "boutte". Vous trouverez tout ce qu’il faut dans "South Central".
Quand j'étais gamin, je me souviens que ma mère me disait que le Petit Extra, coin Ontario et Papineau, était un restaurant fréquenté seulement par des acteurs et des politiciens. En vieillissant, je me suis rendu compte que ce mythe populaire était faux. Ce bistro français, aujourd'hui une institution, offre des classiques de la gastronomie de vieux continent à des prix très abordables. Qu'on parle de leur mousse de foie de volaille ou d'un bon tartare, on s'en tire avec un bon verre de vin pour aussi, sinon moins cher, qu'un repas dans la plupart des chaînes de restaurations, que j'éviterai de nommer, car je ne voudrais pas ruiner l'humble journal que vous tenez entre les mains en frais d'avocats.
Un autre de mes endroits fétiche de la rue Ontario, le restaurant le Porto est un endroit divin tant pour l'épicurien qui a des moyens que celui au budget restreint. Cet établissement, qui existe depuis déjà plus de 10 ans offre des classiques méditerranéens et bien sûr une vaste sélection de Porto à déguster. J'ai eu la chance d'y aller à plusieurs reprises et je n'ai jamais été déçu, surtout à l'arrivée de la facture.
Une fois bien repu, n'attendez pas la fin de la construction de nouveau quartier des spectacles pour terminer votre soirée avec un p'tit fixe culturel, vous pourriez crever de faim et d'ennuie... Allez donc faire un tour à l'usine C, merveilleux théâtre inauguré en 1995, auquel le légendaire Robert Lepage a participé à la réalisation. Du théâtre comme je l'aime, soit pas plate (je l'avoue, je ne suis pas le plus grand fan de cette forme artistique), et à un prix abordable. Véritable incubateur culturel, cet édifice audacieux pourrait pousser un habitant d'Outremont à se questionner: Comment ça, il n'est pas dans mon quartier ce théâtre ?
Pour terminer la tournée, si vous n'êtes toujours pas convaincu de toutes les richesses qu'on retrouve dans le Centre-Sud, je vous recommande d'aller faire un tour au seul et très unique Écomusée du Fier Monde sur la rue Amherst. Cette exposition hors de l'ordinaire raconte l'histoire du "working class hero", celle de ces travailleurs qui ont façonné l'âme de ce quartier populaire qui fut le théâtre de la révolution industrielle à Montréal.
Riche en histoire et en culture, le Faubourg, autrefois dure et pauvre où j'ai grandi, donne raison au vieil adage qui dit que "c'est dans le fumier que poussent les fleurs magiques".
Le "bling" du bourg
Étant plus jeune, le quartier Centre-Sud était reconnu comme étant un endroit "rough and tough" de l'île. Pour y avoir vécu longtemps, ce n'était pas complètement faux. Je vous épargne les détails d'une énumération peu enviable... Heureusement, ses trottoirs ont subi une cure d'embellissement au cours des dernières années. Bien qu'imparfaite, on ne peut que s'en réjouir (je ne parle pas des nids de poules). Mais n'oublions pas que même à son époque plus creuse, le secteur a toujours eu ses "hot spots", prisés tant pas l'intelligentsia que les locaux, dont plusieurs ont encore pignon sur rue aujourd'hui. Ce n'est pas parce qu'un quartier est pauvre, que d'y vivre ne peut pas être une expérience enrichissante !
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