Premier arrêt, un petit show de death métal au bar l'Absynthe. Le trash fait rage sur la piste de danse, ce qui est bien, car on a envie de se défouler. Mais quelque chose cloche, une odeur particulière nous agresse les narines. Surprenant, ce n'est pas celle de sueur de truands qui se bûchent dessus, mais plutôt celle de rondelles d'urinoirs... Pour mesdames qui ne savent pas de quoi je parle, ce sont des rondelles "sent bon" qu'on met dans les urinoirs qui on de particulier que plus elles absorbent d'odeur plus ça pue. Une bière plus tard et on peut plus, en route vers des arômes plus cléments.
À la sortie, nous captons de fortes émanations de houblon. Guidé par nos sens, on traverse la rue vers l'Amer à Boire où les maîtres brasseurs viennent de terminer une nouvelle "batch". Une pinte maison plus tard, soit peu de temps, car après une dure journée de travail on a soif, l'envie du tabac de course nous prend. À l'extérieur, l'odeur de moufette est agréable et elle ne vient pas de la ruelle...
Quelque peu désorienté, on se retrouve un coin de rue plus loin au défunt bar l'Axe renommé le Gentleman Club, faut croire que la loi 101 ne s'applique pas aux bars de danseuses. Le parfum de guidoune circule à fond, mais c'est unanime, on s'en fou, car être en compagnie de plein de femmes nues c'est plaisant. Par contre, le prix exorbitant de la bière nous force à quitter, on est quand même seulement des cuisiniers, notre budget est limité.
Une brève sortie du quartier nous amène au Salon Officiel, même si j'aimais mieux l'odeur de vielle taverne réconfortante de l'époque où on l'appelait le Roy Bar, on arrive juste à temps pour le last call. Deux shooters sur le bras de la barmaid et on est "out".
À ce point-ci, on saute dans un taxi direction St-Laurent coin St-Catherine, mais on a un problème mon pot Filou est chaud raide et vomit partout sur la banquette arrière du taxi. Pas besoin de vous dire que le chauffeur n'est pas content et que ça ne sent plus juste le vieux char...
À la sortie du "cab" je sens une odeur qui m'est aussi familière que réconfortante, celle de friture et de boulettes minces cuites sur une plaque à déjeuner. Le line up est quasi aussi long que celui du Club Opéra, je parle bien sûr de la plaque tournante du trippe de bouffe montréalais, La Belle Province. Comme bien des gens on décide de finir notre soirée sur une bonne note, un trio cheeseburger avec une poutine pour éponger le trop-plein d'alcool. La soirée tire à sa fin, mais qui sait, après notre petit plaisir coupable, on ira peut être se chercher de la bière au dépanneur 24hrs qu'on ne nommera pas en quelque part sur St-Denis. Ça sent le plan foireux, mais ça, c'est une autre histoire...
Trois heures du mat' je pue et j'ai faim
Samedi soir minuit, je fini mon "shift" de quatorze heures derrière les poêlonnes du M!sto. Je sens un mélange de pâtes alimentaires, de friture et de vin de cuisson, bref je pue. Après m'être sommairement lavé dans le lavabo qui sert habituellement à nettoyer la salade, deux coups de déo sous les ailes et en route vers la ville avec mon équipe de cuistots.
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