« Cette politique permet à des expressions artistiques autres que des spectacles de trouver leur place dans les espaces publics », de préciser le chef de division culture et bibliothèques de l’arrondissement de Ville-Marie, Michel Demers, en enchaînant que c'est aussi une façon d'améliorer le cadre de vie.
En tout, Montréal expose près de 300 œuvres sur ses terrains. Et ce, sans même compter celles qui sont introduites à l’intérieur du métro et sur le domaine privé. « Ville-Marie compte ainsi plus d’une centaine de monuments. Ces œuvres font partie des expositions permanentes qui composent la collection municipale », a-t-il expliqué depuis son bureau du boulevard de Maisonneuve Est. Elles sont gérées par la Ville-centre en collaboration avec l’arrondissement.
M. Demers maîtrise certes bien le sujet. D’emblée, il a voulu définir les mots « politique » et « art public ». « Politique implique que c’est adopté par le conseil et que c’est sous la responsabilité de la Ville-centre. Et par art public, on entend des monuments, soit des expositions permanentes ou des installations temporaires. »
Ces monuments sont sélectionnés selon une démarche précise, sorte de système d’appel de proposition d’artistes. Les projets sont ensuite scrutés de long en large par un jury. Or, depuis 2002, on peut admirer trois œuvres d’art public permanentes sur le territoire de Ville-Marie.
On pense notamment à « L’Arc », l’œuvre d’art réalisée par l’artiste Michel de Broin dédiée à la mémoire de l’homme d’État chilien Salvador Allende. Elle a été inaugurée dans les jardins des Floralies du parc Jean-Drapeau, en septembre dernier. On trouve également « Les Clochards célestes », de Pierre Yves Angers dans le parc Miville-Couture, au coin de René-Lévesque et d'Amherst. Cette œuvre qui a été créée en 1983 vient d'ailleurs d'être donnée à la Ville.
Du côté des installations temporaires, le processus est autre. « Les artistes demandent d’exposer de façon temporaire leurs œuvres en faisant un prêt à la Ville », poursuit le chef de division, en mentionnant au passage l’exemple des œuvres de la série de l'artiste japonais Ju-Ming, qu’on trouve à Montréal depuis trois ans, notamment sur le Mont-Royal, au square Victoria et au Jardin botanique. On compte aussi les oeuvres du collectionneur américain George Marciano rapatriées sur De la Commune. Sans oublier l’œuvre « Les Chuchoteuses » sur la placette Saint-Dizier, fruit d’une collaboration entre la Société de développement commercial (SDC) du Vieux-Montréal et de la galerie d’art Saint-Dizier dans le Vieux, sur laquelle M. Demers est d'ailleurs revenu quelques fois en cours d'entrevue.
« La Ville et l’arrondissement acceptent régulièrement des demandes d’installations temporaires. C’est moins compliqué parce qu’il n’y a pas de concours. » Puisque l’occupation du domaine public est régie par le principe selon lequel la ville appartient à tout le monde, M. Demers a précisé que pour compléter de telles demandes, l’arrondissement procédait à des consultations citoyennes.
L’arrondissement de Ville-Marie offre un programme financier pour soutenir l’appropriation des espaces publics par des organismes culturels intéressés. C’est le cas d’ailleurs de Péristyle Nomade avec l’événement « L’Écho d’un fleuve », qui sera présenté une troisième fois cet été. À plus grande échelle, on trouve les œuvres du musée McCord exposées sur McGill College depuis quelques années. Une exposition lauréate d’un prix canadien, remise depuis laquelle Michel Demers dit recevoir en moyenne une demande aux deux semaines.
« Ici à Montréal, curieusement, les premières demandes ont été adressées il y a huit ou neuf ans. Et depuis, c’est l’effet boule de neige », ajoute ce dernier, en mentionnant qu’une fois que les soumissionnaires ont trouvé un endroit où exposer, ils doivent trouver des supports. La subvention n’étant pas suffisante pour remplir le besoin, depuis huit ans, moins d’une dizaine de promoteurs ont été capables de mener leurs projets à terme.
Les exemples sont multiples. On pense aussi à l’exposition de photos « La vie est un sport extrême », qui a pris congé pour l'hiver et sera de retour au parc Émilie-Gamelin ce printemps, et à la murale de céramique sur Ontario au coin de L’Espérance, qui figure parmi la collection permanente et est située quant à elle sur le domaine privé.
Le programme de soutien financier aux initiatives culturelles volet intervention dans l’espace public implique les arts visuels, la photographie et différents types d'interventions. Toutefois, sur tout le territoire de l'île, l'œuvre la plus ancienne de la collection d'art public montréalaise est « La Colonne Nelson ». Créée en 1809 des mains de l'architecte Robert Mitchell, on peut admirer cette sculpture depuis la place Jacques-Cartier.




