L’Action terroriste socialement acceptable (ATSA) est née en 1997 de l’indignation de ses fondateurs face au flagrant écart de richesse dans la société. Un an plus tard, à l’occasion du 50e anniversaire des Droits de l’homme, l’ATSA créait un premier état d’urgence pour mobiliser la population, un camp de réfugiés en plein centre-ville de Montréal.
Le mouvement s’est peu à peu complexifié et compte aujourd’hui sur plus de 400 bénévoles, partenaires publics et entreprises privées déterminés à bâtir un avenir meilleur.
Partenaires « dans la vie comme dans l’art », les fondateurs Pierre Allard et Annie Roy ont uni leur parcours dans une démarche artistique interventionniste. Annie Allard explique d'ailleurs que cette volonté de lutter contre les écarts grandissants dans la société est née de sa propre expérience. « La chance que j’ai eue dans ma vie a provoqué des sentiments très violents face à l’injustice sociale. Et il faut que cette violence sorte en objets d’art civilisés! »
Servir plus de 308 000 repas et collations annuellement, cela prend de l'organisation et du cœur, deux qualités qui décrivent bien Billy Provias, directeur du service alimentaire de la Maison du Père. Cuisinier de métier, Billy Provias a fait son entrée à la Maison du Père par la porte du bénévolat. «Quand tu pognes la piqûre, c'est vraiment spécial de travailler à la Maison du Père. Tout le monde ici a des histoires à raconter et tu vois que l'itinérance, ça peut arriver à tout le monde». Il sera particulièrement présent durant le temps des Fêtes parce «c'est là que les gens ont le plus besoin de nous», explique Billy Provias.
Michèle-Eugénie RoyAgente immobilière depuis 22 ans, Michèle Eugénie Roy a mis sur pied le comité d'aide aux sans-abri (CASA), un groupe formé d'agents de la Capitale du Mont-Royal. Cet encan public réalisé bénévolement par une quarantaine d'agents immobiliers a permis d'amasser 24 700$ en 2008 et plus de 40 000$ en 2009. Des sommes qui ont été remises à parts égales à L'Itinéraire et au volet État d'urgence de l'ATSA. Un travail d'équipe, insiste Michèle-Eugénie Roy. «Ce que je fais, c'est le contraire d'un "one man show"». Un engagement concret pour la cause de l'itinérance pour l'agente immobilière qui avoue qu'il est «bien difficile de changer le monde dans son salon».
Geneviève MasséEngagée au quotidien, la photographe Geneviève Massé a présenté l'exposition Homeless L'HOMME lors de l'événement État d'urgence de l'ATSA. Des photos rappelant «la grandeur de l'homme et le bonheur de partager des moments avec ceux qui nous entourent». Diplômée en design d'événement, Geneviève Massé a travaillé durant quatre ans pour État d'urgence, a été directrice en 2007 du Festival écolo de Montréal et a installé l'été dernier un cadran solaire environnemental sur l'avenue du Mont-Royal. Pourquoi a-t-elle décidé de croquer les portraits de ces sans-abri? «Je me suis beaucoup attaché à eux et j'avais envie de leur rendre hommage, de mettre à jour aussi la qualité des êtres qu'ils sont. J'ai eu la chance d'avoir de grands moments avec eux et c'est ce que l'exposition veut raconter», explique-t-elle. Laila Maalouf




