Roxanne Arsenault: C'est une notion étudiée et débattue par énormément de théoriciens et de journalistes populaires comme Clément Greenberg. Et souvent, les définitions se contredisent.
Mais des éléments reviennent. On parle d'objets ou d'environnements excessifs qui imitent de vrais lieux ou des matériaux, ou d'accumulations de concepts. Mais ce n'est pas que ça. La notion de faux, c'est aussi l'objet qui s'éloigne de sa nature, par exemple, un cheval peint en rose avec lequel on peut servir du lait.
Faubourg: Qu'est-ce qui vous fascine dans cet esthétisme ?<
Faubourg: Pourtant, le kitsch est souvent synonyme de quétaine ou de mauvais goût...<
Faubourg: Avez-vous des exemples de lieux kitsch à Montréal?<
<@b>Faubourg<@$p>: Le kitsch est-il menacé de disparition ?<
L'été dernier, on a perdu une capsule temps avec la fermeture de l'Orange Julep rue Sherbrooke. C'était un bel exemple des années 1940 qui montrait comment on vivait à cette époque, des menus qu’on servait, la vieille caisse enregistreuse... On a aussi rasé le Ben's, une institution montréalaise reconnue à travers le monde pour ses smoked meats. On pense refaire un resto au coeur du futur immeuble pour l'évoquer, mais ça demeure une grande perte patrimoniale.
Des études telles que celle du Conseil du patrimoine de Montréal montrent que le Quartier des spectacles est aussi une véritable catastrophe patrimoniale: l’attitude de Montréal montre clairement qu’elle n'a pas de vision pour son patrimoine populaire. Le Cléopâtre et le Montréal Pool Room, construit en 1912 – un lieu qui rassemblait autant des hommes d'affaires, des prostituées, des jeunes, des gens des Premières Nations – seraient ainsi menacés. Des permis de démolition auraient été accordés pour le printemps prochain. Je ne considère pas nécessairement ces lieux comme kitsch, mais comme faisant partie de notre patrimoine populaire commercial.




