Jeux de lumières!
Alex Morgenthaler a réalisé la signature lumineuse du Quartier des spectacles. (Photo: Éric Carrière)
Entretien avec Axel Morgenthaler
Axel Morgenthaler, le concepteur en éclairage qui a réalisé la signature lumineuse du Quartier des spectacles et qui a participé au Plan lumière, parle de son parcours et de son métier. Faubourg: Comment avez-vous commencé votre carrière de concepteur lumière? AM : J’ai débuté ma carrière en Suisse comme concepteur lumière et directeur technique pour des compagnies de théâtre et de danse. Je suis arrivé à Montréal en 1992, et ici aussi, j’ai continué à travailler avec des compagnies de danse comme O Vertigo, La La La Human Steps et Marie Chouinard. Puis, il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à réaliser mes propres œuvres lumineuses. Je m’intéressais beaucoup à la relation entre la lumière et les différents matériaux. La lumière a besoin d’un canevas, sinon elle passe au travers et on ne la perçoit pas. C’est toute cette recherche qui m’a poussé à concevoir progressivement mes propres œuvres. J’ai commencé à faire de plus en plus de projets urbains et architecturaux et aujourd’hui, je partage mon temps entre l’architecture, l’urbanisme, mes propres œuvres comme artiste visuel et le spectacle. Faubourg: Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir cette voie? AM : J’ai étudié un peu les deux extrêmes, l’électronique d’abord, et ensuite le théâtre. Et les deux ensembles ont fait une étincelle. Le métier de concepteur lumière est une profession très artistique, mais en même temps très technologique et technique. Mes deux passions se sont mariées dans l’expression lumière, mais c’est arrivé un peu par hasard. Un de mes professeurs de théâtre savait que j’avais étudié en électronique et m’avait demandé de faire l’éclairage pour son prochain spectacle. Et le concepteur lumière en moi était né! Faubourg: Comment a commencé l’aventure avec le Quartier des spectacles? AM : Quand j’ai su qu’un projet lumière pour le quartier était en cours de planification, il y a quelques années, j’ai voulu en faire partie à tout prix. J’ai grandi professionnellement dans ce quartier et, à l’époque, j’habitais le Vieux-Montréal. Alors le Quartier des spectacles, c’était comme ma cour! J’ai été retenu pour créer la signature lumineuse du quartier, ce qui a donné naissance aux points rouges qu’on trouve de plus en plus devant les lieux culturels. Ça a été la phase pilote du Plan lumière. Et depuis, il y a entre autres la Vitrine culturelle de la Place des Arts, que je considère comme un de mes beaux projets, et cette année, ma plus belle réalisation dans le quartier, le Monument-National. Faubourg: Avez-vous un rituel de création? AM : En deux mots, pas de routine. Comme je fais à la fois de l’art visuel, de la conception pour des spectacles et des projets urbains, chaque projet est très différent. Si j’ai un rituel, c’est de toujours commencer avec une page blanche. J’aime me lancer dans de nouveaux défis. J’adore ce que je fais parce que j’ai très peu de routine et je peux travailler sur des projets très différents. Entre autres, j’ai été en Chine avec le Cirque du Soleil pendant six mois pour un projet à Macao. C’est essentiel d’avoir un esprit ouvert. Faubourg: Comment travaille un concepteur lumière? AM : Beaucoup la nuit! Ce n’est pas du 9 à 5… Des projets comme le Monument-National passent par beaucoup de tests nocturnes pour essayer différents produits et approches. On peut aller jusqu’à un certain point avec la visualisation sur ordinateur, mais après, il faut passer par le processus d’approbation visuelle par l’œil avec la vraie source, le vrai matériau. On peut simuler beaucoup de choses, mais on ne peut pas simuler l’environnement, l’ambiance ou l’échelle grandeur nature. Les tests sont très importants et je passe souvent par ces phases sur le terrain. Faubourg : Où trouvez-vous vos idées? AM : Il n’y a pas de recette. Souvent, les idées et les approches novatrices arrivent en cours de route en faisant des accidents. Il faut essayer beaucoup de choses et choisir les solutions qui fonctionnent. La nature aussi peut être une source d’inspiration, comme les aurores boréales. Faubourg: Avez-vous un grand rêve de carrière? AM : Si j’avais un rêve fou, ce serait d’éclairer une base lunaire! Mais sur terre, j’aimerais réaliser un grand spectacle pour nuages. Faubourg: Est-ce qu’on pourra voir bientôt une de tes nouvelles conceptions à Montréal? AM : Je travaille sur un projet qui me passionne énormément dans le Quartier des spectacles. La Société des arts technologiques (SAT) est en train d’agrandir, et j’ai une commande pour une œuvre lumineuse qui va être sur la façade du boulevard Saint-Laurent. C’est une œuvre très technologique, un mélange entre l’essence de mon travail comme artiste visuel et l’identité du Quartier des spectacles. Laila Maalouf
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