On dénote trois types de prostitution. Souvent associée aux gangs de rues et au proxénétisme, la prostitution de rue défraie souvent la manchette. Or, il semblerait que cette pratique soit plutôt rare à Montréal. « Si je me fie aux données de Stella – organisme communautaire qui offre du soutient aux travailleuses du sexe – ça ne représente que 20% de la prostitution à Montréal », affirme Mélodie Nelson, qui a pratiqué le métier d’escorte pendant quelques années. Il y a ensuite les « escortes moyen de gamme » et les « escortes haut de gamme ». Habituellement associées à une agence, elles se déplacent, accompagnées d’un chauffeur (outcall) ou reçoivent des visiteurs dans un condo (incall). « Les gars préfèrent habituellement faire affaire avec une agence », confie Mélodie Nelson. Celle-ci s’assure de l’âge réel de la fille, avertit le client des limites de l’escorte – la travailleuse du sexe peut fixer des contraintes quant aux pratiques qu’elle accepte – et assure un certain contrôle en instaurant des règlements (changer les draps, nettoyer la chambre, etc.)
Parallèlement au monde de la prostitution, Montréal est reconnue pour ses sites érotiques. « Elle est la première ou la deuxième ville la plus importante dans l’industrie Internet liée au sexe », déclare-t-elle.
Un quartier chaud
Même si la prostitution est présente sur l’ensemble de l’île de Montréal, la majorité des activités ont lieu dans le quartier des affaires, au centre-ville. Les hommes d’affaires, les avocats et les professionnels composent la majorité de la clientèle incall. Pour sa part, la clientèle outcall est plus diversifiée.
Une seule agence à pignon sur rue à proximité de l’aéroport de Dorval. « On y accueille des clients non montréalais qui viennent en voyage d’affaires. Certains se paient une fin de semaine de sexe de temps en temps », relate-t-elle.
Le choix du président!
La métropole québécoise s’avère être une destination de choix pour les consommateurs de services sexuels. La population fait preuve d’une certaine ouverture face à cette industrie et les prix y sont moins élevés que dans les autres grandes villes canadiennes. « Les prix varient entre 180 $ et 220 $ de l’heure lorsqu’on parle de prostitution « moyen de gamme ». Ça monte jusqu’à 400-500 $ de l’heure pour le « haut de gamme ». Selon Mélodie Nelson, le taux horaire serait 50 $ plus cher dans les villes comme Toronto. « À ce prix-là, le gars a droit à une relation sexuelle complète. La fille choisit ce qu’elle charge en extra (fellation, cunnilingus, un baiser, etc.). Habituellement, les tarifs sont les mêmes pour qu’il n’y ait pas trop de compétition au sein de l’agence. De ce montant, 50% va à l’entreprise. Dans le cas des clients outcall, 20 $ ou 30 $ supplémentaires va au chauffeur », explique celle qui a quitté le monde du sexe depuis cinq ans.
Perspectives d’avenir pour le plus vieux métier du monde!
Le milieu québécois de la prostitution se réjouit de la décision de la Cour supérieure de l’Ontario. Celle-ci estime que les articles 210, 212 et 213, qui concernent la loi sur le travail du sexe, sont inconstitutionnels. « Ça fait tellement une grosse différence. C’est une position moins hypocrite de la part de la société. Ça arrive au moment où les conservateurs veulent resserrer la vis. Les lois n’ont pas été faites en consultant les travailleuses du sexe. En légalisant la prostitution, je ne crois pas qu’il va y avoir plus de filles qui vont faire ce choix. On va juste faire en sorte qu’elles soient en sécurité et qu’elles se sentent moins honteuses, estime-t-elle. La prostitution, c’est mal vu et c’est encore mal compris ». Pour avoir plus d’information sur le monde de la prostitution, visitez le blogue de Mélodie Nelson (melodienelson.com/) ou consultez son livre Escorte.
