Cet événement baptisé Coiffer pour changer le monde est né en 2001. Nathalie Saint-Germain a mis sur pied cette journée, dont elle assume à elle seule toutes les dépenses, après avoir été inspirée par l'une de ses clientes, intervenante à l'organisme La rue des femmes (1050, rue Jeanne-Mance).
Une fois par année, ce commerce ferme donc ses portes à ses clients habituels pour accueillir et coiffer une trentaine de femmes itinérantes.
Après un tirage organisé à La rue des femmes, quelque 25 à 30 femmes itinérantes de tous âges obtiennent la chance de se faire coiffer par Nathalie et son équipe de bénévoles. Si, au tout début, elle gérait seule l’événement, la propriétaire peut aujourd’hui compter sur des coiffeurs et des maquilleuses qui l’aident aussi à servir du café et des gâteaux. « C’est leur journée, on les gâte comme des princesses », explique-t-elle.
Plus qu'une nouvelle tête, Nathalie Saint-Germain permet à ces femmes de retrouver un peu d’espoir. « J’aurais été découragée si, après tant d’années, je n’avais vu le bienfait que cette journée leur procurait. Il y a des femmes qui sont revenues me voir pour me remercier de leur avoir redonné l’envie de s’occuper d’elles. Certaines ont réintégré un appartement et sont retournées à l’école, d’autres se sont mariées. Elles sont tellement habituées à subir le rejet que le fait de les accueillir de cette manière met un baume sur leur douleur et leur donnent espoir. »
Son grand rêve, c’est que tous les propriétaires de salons du quartier consacrent une seule journée par année à cet événement. « On pourrait aider tant de femmes à remettre un pied dans la société par ce simple geste. »
Laila Maalouf
Changer le monde un cheveu à la fois
Une nouvelle tête pour une trentaine d'itinérantes
La coiffeuse Nathalie Saint-Germain offre bien plus qu'une nouvelle coupe de cheveux à une trentaine d'itinérantes, elle permet à ces femmes qui ressentent cruellement le regard et le jugement des autres de retrouver leur estime de soi. « Juste le fait de leur couper, de leur colorer les cheveux et de les maquiller, leur donne un pouvoir énorme. Ce ne sont plus les mêmes femmes quand elles sortent d’ici », explique celle qui est propriétaire du Salon Horizon depuis 20 ans.
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